19.11.2011 15:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Moi aussi, je tue des cochons verts

Ça me défoule, comme tout le monde. Un trajet en bus et hop, trois cochons verts de moins. Hihahahah. Je les écrabouille en leur catapultant des oiseaux fâchés sur le crâne. Comme des millions d’humains sur terre. Je ne vous apprends rien: il y a le jaune qui fonce, le gros blanc qui lâche des œufs, le rouge qui lambine. Mais mon préféré, c’est le petit bleu qui se démultiplie quand on lui tape dessus avec le doigt.
Qu’est-ce que vous avez à me regarder comme ça? Tout le monde joue à «Angry Birds» de nos jours, vous sortez d’où?
Ce que m’a enseigné ce jeu idiot sur iPhone, voyez-vous, ce n’est pas seulement l’adresse. J’ai appris que désormais les jeux ne sont plus forcément «éducatifs», comme quand j’avais l’âge. «Angry Birds», c’est franchement amoral. Je ne vous parle pas de la provoc à la SPA qui va bien finir par intervenir, non, mais des moyens de progresser. Au fur et à mesure que vous avancez dans le jeu, les niveaux se corsent. Ça, j’aime. Mais quand vous séchez sur un obstacle, on vous propose de faire appel à l’Aigle tout-puissant. Chouette, que je me disais. Il va me montrer comment venir à bout de ce cochon récalcitrant là. Pas du tout: non seulement il faut débourser pour se payer le grand prédateur, mais, en plus, il débarque et démolit tout, sans me donner aucune piste de solution.
Mes enfants me disent que c’est normal. Ça s’appelle un «cheat», une triche, et ça existe dans tous les jeux vidéo. Moi j’aurais préféré un maître, un «coach», vous comprenez? Mais c’est terriblement vieux jeu de vouloir apprendre à surmonter l’obstacle. Les ados d’aujourd’hui, ils préfèrent le bousiller une fois pour toutes, qu’on n’en parle plus.

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