08.12.2011 15:36 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Je vote comme je respire

C’est devenu un réflexe. Le dimanche matin, d’un mouvement exercé du poignet, je pousse mon enveloppe dans la boîte «votations» de la commune. J’y croise toujours les mêmes et on se lance, complices: «Alors, la semaine a été bonne?» Parce que dans le canton de Vaud, vous l’avez remarqué, on vote tout le temps. Tellement souvent qu’on nous a fait des enveloppes grises avec de l’orange dessus pour la complémentaire au Conseil d’Etat, des fois qu’on les confondrait avec celles du 2e tour aux Conseil des Etats où il y avait du vert sur le gris. Et ce n’est pas fini. Le 11 mars prochain, je devrai élire tous les ministres vaudois (y compris celui ou celle qui aura à peine commencé), choisir les députés, et en plus, je devrai donner ma position sur cinq grands thèmes fédéraux: les résidences secondaires, l’épargne-logement, six semaines de vacances pour tous, les jeux d’argent et le prix du livre. Si j’arrive à me faire un avis autorisé sur tout ça, je serai devenue un think tank à moi toute seule.
Cette frénésie démocratique finit par banaliser ce privilège qu’est la consultation populaire. Pour peu, on finirait par assimiler les votations aux sondages Internet auxquels je suis sollicitée toute la semaine: «Vous donnez pour le Téléthon?» «Isabel Rochat, vous êtes pour ou contre?» «La thèse du complot dans l’affaire DSK, vous pensez que ça tient la route?» Sans compter le téléphone de la dame, le soir à la maison, qui me demande si j’ai «dix petites minutes» pour un sondage sur la consommation qui en prend 30, même sans réfléchir. Le dimanche, au contraire, c’est du sérieux. Je veux prendre le temps de m’informer avant de voter. Et je n’aimerais pas faire comme tous ceux qui ont fini par déserter les urnes. Voter, c’est un droit merveilleux. Alors ne gâchez pas mon plaisir.

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