05.02.2012 09:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Siri vote à droite
Je croyais avoir enfin déniché l’assistant personnel parfait, qui cherche à aider sans la ramener avec ses états d’âme, ses grosses fatigues et ses avis personnels. Quelqu’un qui m’écoute, moi, mais que je n’ai pas besoin de rassurer ou de motiver. D’ailleurs, c’est comme ça qu’Apple m’avait vendu le truc – parce que ça ne pouvait être qu’une chose, pas un humain: vous posez n’importe quelle question à votre téléphone portable, genre «rappelle-moi de passer chercher le pain en sortant du boulot» ou «comment s’appelle cet ostéo qui m’avait fait tellement de bien le mois passé déjà?» et hop, sans râler, le truc providentiel cherche dans mes contacts, mon agenda, et le fatras d’infos en ligne pour me donner dans la seconde une réponse claire, précise et surtout objective. Apple l’a baptisé Siri, je n’ai jamais compris pourquoi, mais peu importe, pourvu qu’il me soit utile.
Je vis avec Siri et lui passe ses erreurs de jeunesse. Après tout, même un robot a droit à un apprentissage. Mais ce que je n’accepte pas, c’est qu’il me bassine avec ses opinions politiques. Lundi dernier, au coin de la rue, j’ai croisé une affiche avec un immense téléphone. Sur l’écran, c’était écrit: «Quel est mon emploi du temps le 11 mars 2012?». Et en dessous, à la manière de mon Siri: «Vous avez prévu de réélire Philippe Leuba au Conseil d’Etat. Mais vous n’auriez pas pu l’oublier!» Depuis, je suis beaucoup moins tolérante avec les «Je n’ai pas compris votre question» ou «Vous voulez dire JoJo?» quand je lui demande l’adresse de Momo. Qu’il apprenne son boulot avant de me dire ce que je dois voter.




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