26.03.2011 16:29 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Pas le temps d'être sur Facebook
Une conseillère d'Etat romande me confiait l'autre jour qu'elle se mettrait bien sur Facebook, mais qu'elle n'avait pas le temps. J'ai toujours trouvé cette excuse facile. Je n'ai jamais vu un politicien dire qu'il n'avait pas le temps de lire les journaux ou répondre au téléphone, ça ferait tache.
Etre sur Facebook, c'est ouvrir le dialogue avec un groupe de citoyens que ma conseillère d'Etat ne rencontrera peut-être jamais sur le terrain. La plupart d es candidats aux élections de cette année l'ont compris, aussi bien à gauche qu'à droite. Christian Levrat, Grégoire Junod, Eric Stauffer, Michel Chevrolet, Ada Marra, Antonio Hodgers et tant d'autres publient régulièrement sur leur mur des avis bien tranchés, des photos et des vidéos montrant qu'ils mènent une campagne dynamique, moderne et proche des gens. Waouw.
Mais elle a raison, ma ministre: être sur Facebook demande un temps considérable, qu'il faut forcément prendre ailleurs, ou déléguer. Pas comme Christophe Darbellay. Il était, comme toujours, l'un des premiers à en être. Pourtant l'hyperactif président du PDC a fini par délaisser sa page Facebook en pleine année électorale. Sa photo de profil montre le pare-brise de sa voiture avec la vignette autoroutière 06 (on espère qu'il l'a changée) et son mur est rempli d'interventions loufoques de gens qui l'identifient dans des jeux en lignes stupides. A peine a-t-il pris le temps de répondre collectivement à ses «amis» qui lui souhaitaient un bon anniversaire. Un profil pas très électoral. Moralité: si vous n'avez pas le quart du staff d'Obama pour tenir vos promesses facebookiennes au-delà des premières semaines de campagne, restez dehors, sur les affiches.
19.03.2011 16:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Tenez le coup, Georges!
Je ne connaissais pas Facebook qu’il y était déjà, lui, en grande icône des geeks suisses. Bon, c’était un faux profil, créé par un admirateur.
Ensuite, l’«historique correspondant» au Japon, comme l’appelle Darius Rochebin, s’est vu créer un «groupe» à son nom. Le sommet de la hiérarchie facebookienne, un honneur réservé aux people comme Naomi Campbell ou Justin Bieber. Georges, lui, compte plus de 2000 fans. Et le tsunami lui a valu plein d’amis.
Tout ça s’est fait sans qu’il le veuille. Parce que Georges Baumgartner n’est pas un homme de réseau social. C’est un asocial. Un de ceux qui n’aime pas les clans, ni les modes. Il n’est pas Suisse, ni Japonais, et ne fait rien comme les autres. A Tokyo il y a trente ans, il est arrivé lentement par la route. Et ce n’est pas aujourd’hui qu’il en reviendra dans la précipitation, dit-il. Vous l’avez entendu, sur le toit de l’immeuble où l’avait placé «Infrarouge» mercredi dernier, le nez rouge et grelottant de froid devant la skyline de Tokyo plongé dans la nuit.
Six jours après le séisme, il trouvait encore la force de lutter contre les idées reçues des Suisses au chaud dans leur studio: non, il n’est pas «le dernier samouraï qui reste après la tempête». Non, le niveau de radioactivité à Tokyo n’était pas supérieur à celui auquel vous vous exposez dans un avion. Il se permet même un incroyable: «Il ne faut pas dramatiser à l’extrême la situation au Japon.» Déroutant. Baumgartner ne ressemble pas aux correspondants étrangers auxquels on est habitué, ceux qui savent conforter nos certitudes. Il n’est pas un adepte de la pensée slogan. Georges Baumgartner, c’est l’anti-Facebook. Et finalement, je suis devenue fan, moi aussi.
26.02.2011 16:32 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Les amis de mes amis libyens
Ça y est, je ne connais plus mes amis. Depuis le 17 février, j’ai vu défiler sur Facebook, Twitter et YouTube des centaines de vidéos anonymes et tremblotantes, la plupart prises au téléphone portable.
Je me suis fait au film de poche, qui n’a d’autre message que «au secours, ici c’est l’horreur». J’ai vu la petite fille dans sa parka rouge et son bas de training balayer les restes de tueries dans une ville libre, Benghazi. J’ai lu que si les autorités faisaient courir le bruit que l’eau du robinet de Tripoli était empoisonnée, c’était juste pour assécher le peuple.
Et j’attends de lire la phrase qui changera tout: «Kadhafi, c’est fini». Mais je ne sais pas qui l’écrira en premier. Je me suis habituée à suivre des gens que je ne connais pas. Qui ont transformé leur visage sur leur profil par peur de représailles. Ou qui ont remplacé leur nom par «Libya», par solidarité avec ceux qui meurt.
L’information qui vient de Libye sur les réseaux sociaux n’a pas de traçabilité. Bien sûr, parfois, elle est erronée, comme l’annonce de la fuite de Kadhafi au Venezuela. Mais j’ai fini par accepter cette voix sans visage, avec ses lacunes, parce qu’elle m’est indispensable. Aucun média n’a pu faire le travail de ces milliers de témoins de la rue. Alors quand j’ai reçu, mercredi, un tweet d’un journaliste de l’Agence France Presse m’annonçant que la grande maison allait recourir à des contenus des réseaux sociaux «après identification des documents et prise de contact avec leurs auteurs pour autorisation de diffusion», j’ai secoué la tête. Contacter ces e-révolutionnaires est mission impossible, et met leur vie en danger. Nous devons accepter ces messages tels qu’ils nous parviennent. S’ils étaient signés, rien de tout cela ne serait arrivé.



